Flex office ou bon vieux bureau - Que choisir pour son espace de travail ?

Lisa Vallini

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Flex office ou bon vieux bureau

Vous connaissez la tendance de l’open space, du coworking et du télétravail, mais avez-vous déjà entendu parler du flex office ? Petit nouveau dans la révolution des espaces de travail, ce fonctionnement séduit de plus en plus d’entreprises. Alors, effet de mode ou phénomène à suivre ? On en parle tout de suite.

Le flex office ou l’art du travail sans attache

Un coup sur sa chaise de bureau, un autre à la terrasse d’un café ou même installé tranquillement sur son canapé… Vous l’avez reconnu, on parle bien du salarié moderne, un véritable nomade de l’espace de travail ! 

Le phénomène du flex office propose de délaisser un poste de travail fixe au profit d’un espace qui évolue selon les tâches et les missions. Et il faut dire que ça se développe à vitesse grand V dans le monde professionnel puisque 16 % des entreprises ont déjà mis en place cette solution flexible et 55 % l’envisagent sérieusement (étude Deskeo).  

Bon à savoir : le flex office, ce n’est pas le desk sharing, cette autre tendance qui incite à ne plus avoir d’espace bureau attitré et de s’installer dans les postes de travail disponibles sur le moment.

Vous vous demandez sûrement quel est l’intérêt de réinventer les espaces de bureaux ? Et bien cette tendance est née d’un constat en trois volets : 

  • la révolution digitale qui offre des outils pour échanger à distance simplement et efficacement ;
  • les missions hors bureaux, les RTT, les arrêts maladie ou les vacances qui rendent l’espace de travail personnel inutile sans réduire son coût ;
  • une considération grandissante pour le confort de travail avec une envie de réduire les trajets et d’équilibrer la vie pro et perso. 

Bien sûr, la pandémie du Covid-19 n’est pas étrangère à cet intérêt grandissant du flex office puisque la montée du télétravail a souvent rendu les bureaux déserts. Entre les économies sur l’immobilier et un vrai désir de s’adapter aux évolutions du bien-être au travail, le cœur des entreprises balance.

Un phénomène séduisant, vraiment ?

Sur le papier, le flex office coche pas mal d’aspects positifs. C’est vrai, changer d’environnement de travail au quotidien rend plus productif et créatif puisque le salarié s’installe dans l’endroit le plus adapté à sa tâche : il ne subit plus le lieu de travail, il l’adapte à ses besoins. Ce fonctionnement valorise ainsi la liberté et l’autonomie, le cocktail parfait pour casser la routine ! 

Bon à savoir : avant de généraliser le flex office, il faut que sa mise en place ait fait l’objet d’une consultation préalable du CSE (article L2312-8 du Code du travail). Et oui, on ne peut pas imposer le travail à distance aux salariés.

Dans la réalité, changer de bureau comme de chemise peut présenter des inconvénients. Déjà, le flex office demande un minimum d’organisation pour éviter les pires places ou le seul café qui n’a pas de Wi-Fi. En plus de ces problèmes techniques, le flex office rime aussi avec bureaux partagés et donc impossibilité de personnaliser l’espace individuellement. Et puis le vrai challenge des pratiques nomades, c’est la question de garder du lien et d’éviter le phénomène « loin des yeux, loin du cœur », sous peine de démotiver ses collaborateurs.

Bon à savoir : d’après une étude de Essec Workplace Management de juin 2021, seuls 4 % des salariés seraient emballés à l’idée du flex office. Le reste jugent la pratique peu hygiénique, impersonnelle et synonyme d’isolement. Alors, comment on évite ça ? Avec un management à l’écoute des contraintes, envies et besoins de ses équipes.

Le flex office, à l’image de l’espace ouvert, va-t-il créer de nouveaux espaces de travail sans intimité où tout le monde se retrouve collé sur de longues tables vides ? Ou bien est-ce que cette tendance va permettre de revoir l’aménagement traditionnel pour proposer des espaces de coworking collaboratifs et un travail convivial ? L’avenir nous le dira !

Les points à retenirLes points à retenir
  • le flex office propose de moduler son bureau en fonction de ses missions et ne plus avoir un bureau personnel et fixe ;
  • ce phénomène bouleverse les aménagements traditionnels, valorise l’autonomie et souffle un vent de liberté dans le milieu pro ;
  • avant d’instaurer plus de flexibilité, il faut s’assurer de la validation de ses équipes et mettre en place un management adapté pour éviter la solitude, la guerre dans le partage de bureau et le manque de motivation au travail.

Lisa Vallini