Démarches QVT, comment les mettre en place ?

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Si notre travail représente une part essentielle de notre quotidien, il est bien normal de chercher à construire un cadre positif et créatif. Pour ça, chacun a son diagnostic pour améliorer la qualité de vie au travail (QVT) : installer un mur végétal au bureau, lancer un programme de mentoring, prévoir un brunch tous les mois… Alors au milieu de toutes ces propositions et diagnostics, quelle démarche QVT mettre en œuvre ? On vous propose de faire le point pour développer une véritable démarche QVT. Suivez le guide !

1. Tout d’abord, qu’est-ce que ça signifie “une démarche QVT” 

Pour travailler dans de bonnes conditions, être efficace et réaliser une prévention des risques psychosociaux, la mise en œuvre d’un environnement stimulant encourage l’épanouissement des acteurs de l’entreprise. La qualité de vie au travail est un élément indispensable au service des performances des entreprises. Jusque là, on est d’accord, mais comment la reconnaître ? Après tout, ça reste une notion assez vague puisqu’il ne s’agit pas d’une réalité quantifiable et unanime. Et oui, vous n’avez sûrement pas la même conception du bien-être au travail que votre voisin, ce qui rend son application complexe !

Heureusement pour nous, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) propose une définition pour nous aiguiller. La qualité de vie au travail correspondrait donc à :

« La perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. Il s’agit d’un large champ conceptuel, englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificités de son environnement ».

On est d’accord, cette description reste très bureaucratique… On vous propose donc de découvrir six piliers au service de la qualité de vie au travail pour clarifier la direction à prendre :

  1. le contenu du travail avec un accent mis sur la clarté, l’autonomie, les moyens et la répartition efficace de la charge de travail ;
  2. les relations de travail et le climat social avec l’organisation de réunions internes, la création d’éléments conviviaux et la présence de lieux de pause ;
  3. la santé au travail pour les acteurs des entreprises que ce soit avec un environnement de travail sain, le respect des conditions de sécurité ou la gestion des risques psychosociaux (RPS);
  4. la valorisation des compétences avec un plan de formation, la mise en place d’entretiens individuels, etc. ;
  5. l’engagement et le management avec la diffusion des procédures de travail, la transparence de la politique de rémunération ou des informations partagées sur les changements organisationnels ;
  6. l’égalité professionnelle avec la conciliation entre la vie professionnelle et personnelle, l’aménagement d’horaires flexibles, la parité ou la prise en compte du handicap.
Bon à savoir :bon-a-savoir-glayd

L’absentéisme et les accidents du travail sont généralement causés par l’effet d’un stress important, une surcharge de travail, des problèmes hiérarchiques, une mauvaise organisation du travail, du harcèlement… Autant de points qui sont pris en compte dans une démarche QVT ! Et oui, il est essentiel de prévenir des risques professionnels et psychosociaux afin d’assurer la santé et la sécurité au travail.

2. Quelles méthodes suivre pour réussir sa démarche QVT à tous les coups

Une démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail requiert une réelle implication pour qu’elle fonctionne et une évaluation des risques en amont. Alors non, un projet de séminaire en Thaïlande ne résoudra pas tous les problèmes, même si ça peut s’inscrire dans une stratégie plus globale. Renforcer l’esprit d’équipe, améliorer le management, ouvrir le dialogue social, éviter les maladies professionnelles et favoriser l’enthousiasme de ses collaborateurs n’est pas l’affaire d’un événement ponctuel une fois par an et répond à de véritables enjeux pour l'entreprise.

Très bien, mais alors par où commencer ? Imaginez-vous en face d’une échelle. Afin d’atteindre le sommet, vous devrez gravir la première marche. Pour les démarches QVT, c’est pareil : il va falloir partir des fondamentaux avant de monter et créer votre guide. Rassurez-vous, ce n’est pas parce qu’on part du bas que vous commencez forcément de zéro. Tous vos managers n’ont pas obligatoirement des relations compliquées avec leurs équipes et votre déco de bureau n’est pas nécessairement déprimante. L’important est d’identifier d’où vous partez pour aller de l’avant.

3. Les erreurs à ne pas commettre pour ne pas se louper

D’après l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), 70 % des démarches QVT se soldent par un échec. Qu’est-ce qui entraîne un tel score ? D’abord, les premières initiatives perdent d’intensité avec le temps. Et oui, un départ tout feu tout flamme ne garantit pas la pérennité de la démarche. D’autre part, les initiatives ne répondent pas toujours aux besoins réels, d’où leur inefficacité. Enfin, faute de résultats, la démarche QVT est souvent abandonnée rapidement.

Alors, quel état d’esprit adopter pour se distinguer du lot ?

  • Penser la démarche QVT sur le long terme ;
  • Réfléchir au plan d’actions de manière collective ;
  • Ne pas cumuler les projets sous peine de se perdre.

Le télétravail a rebattu les cartes de la qualité de vie au travail, si bien qu’on parle désormais de QVTT. Pour répondre aux attentes des salariés, il faut comprendre les enjeux de ces nouvelles pratiques qui ne risquent pas de disparaître.

4. 3 étapes pour améliorer la qualité de vie au travail et votre démarche QVT

Même si on ne peut pas vous proposer de méthode miracle, il existe 3 grandes étapes qui vous permettront d’entamer une démarche QVT durable. 

Etape 1 : Prendre la température

Il est intéressant de travailler en mode projet dès la phase de cadrage, en constituant un comité de pilotage paritaire. Ce comité peut être constitué des salariés, de représentants du personnel, de l’équipe RH et de la direction.

La première phase consiste tout simplement à observer ce qui se passe chez vous et à établir un diagnostic. Quelles sont les lacunes dont souffre votre entreprise ? Voici quelques questions pour réaliser votre bilan :

  • Est-ce que les espaces communs manquent d’accessibilité ?
  • Est-ce que certains équipements gagneraient à être renouvelés ?
  • Est-ce que vous disposez d’espaces de repos agréables ?
  • Existe-t-il des démarches de prévention des risques pour assurer la sécurité au travail ?
  • Disposez-vous d’un espace où le harcèlement moral, le harcèlement sexuel ou les troubles psychosociaux (RPS) peuvent-être évoqués sans crainte ?

Ces observations indiquent déjà un premier type d’action à mener. L’amélioration de la prévention et la prise en compte de l’état de votre lieu de travail permettent d’imaginer des mesures.

Dans un second temps, évaluez vos objectifs : souhaitez-vous réduire l’effet de l’absentéisme, diminuer les facteurs de pénibilité, fédérer vos équipes, accroître la motivation, augmenter la communication entre les services ? Vos réponses vous dictent la marche à suivre.

A noter :

vos salariés sont vos meilleures ressources pour évaluer vos faiblesses et vos points forts. N’hésitez pas à faire appel à vos collaborateurs avec des sondages, des entretiens, des ateliers ou la création d’un espace de discussion libre pour connaître vos axes d’amélioration. Apporter sa pierre à l’édifice et contribuer au changement, c’est déjà un premier pas pour améliorer la qualité de vie au travail ! C’est d’ailleurs tout l’objet de notre webinar avec ChooseMyCompany sur la motivation au travail.

Etape 2 : Passer à l’action

Une fois que vous aurez défini votre périmètre d’action, il faudra regrouper les mesures envisagées et évaluer si elles sont réalisables :

  • Est-ce que ces solutions répondent au problème soulevé ?
  • Qui bénéficiera de ces actions ?
  • Quelles ressources avez-vous besoin pour mener le projet à son terme ?

Ça y est, vous avez déterminé les chantiers que vous voulez entamer  en fonction de vos réponses ? N’oubliez pas de ne pas être trop gourmand et de commencer simplement pour ne pas vous décourager ou abandonner. Pour achever cette première étape, il ne vous reste plus qu’à définir des indicateurs de performance adéquats pour connaître l’efficacité de vos mesures (comme l’évolution du taux d’absentéisme par exemple).

Vous pouvez organiser des équipes pour mener ces chantiers de front. Les représentants du personnel peuvent prendre le rôle d’intermédiaire pour faire remonter les demandes de chaque salarié. N’oubliez pas d’accompagner votre plan d’action d’une communication interne efficace.

Parmi nos propositions préférées pour élaborer une démarche QVT, vous pouvez :

Comme vous le voyez, les idées ne manquent pas, il suffit de commencer et mettre la bonne solution et outils en place  ! 

Etape 3 : Ne pas s’arrêter là

Les démarches QVT n’ont pas de date limite. Lorsqu’on s’embarque dans l’aventure, on constate toujours des améliorations à apporter. Pour cela, restez à l’écoute de chaque salarié, ils sauront vous guider pour continuer. Vous pouvez par exemple installer une boîte à idées pour recueillir les propositions de vos collaborateurs régulièrement ou organiser un projet de sondage en ligne et donc connaître la direction que vous devrez suivre.

Il est également essentiel d'analyser et d’évaluer les résultats obtenus. Pour cela, vous pouvez vérifier, à travers vos indicateurs, si vos objectifs de départ ont été atteints ou non.

Sachez que la qualité de vie au travail réduit le turnover, le stress, le bore-out et le burn-out, alors pourquoi s’en priver ?

👇 Les points à retenir :bon-a-savoir-glady
  • écouter les besoins de vos salariés ;
  • trouver des idées innovantes pour garantir un environnement sain et la santé des travailleurs (avec l’aide du comité social et économique)  ;
  • prioriser les chantiers et ne pas se disperser ;
  • mener une action après l’autre pour gagner en efficacité ;
  • créer des groupes de travail pour impliquer le plus grand nombre ;
  • sonder régulièrement votre équipe pour continuer à améliorer les conditions de travail.