Santé mentale en entreprise : Êtes-vous dans une entreprise saine ?

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santé mentale en entreprise

Depuis 2019, la France se situe dans le top 3 des salariés les plus stressés d’Europe. Avant même la crise du Covid et les confinements successifs, un salarié sur cinq se disait déjà souffrir du stress au travail (rapport ADP). Comment faire pour pencher la balance dans le bon sens ? On vous propose de le découvrir.

Qu’entend-on par santé mentale en entreprise ?

Si on écoute l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1 personne sur 4 dans le monde est touchée par une pathologie psychique au cours de son existence. Avec de telles données, difficile de nier l’étendue du problème. D’autant plus que la crise sanitaire a rebattu les cartes avec une hausse impressionnante de salariés en situation de détresse psychologique, de burn-out ou même de dépression. Pourtant, le sujet fait rarement son apparition dans la sphère privée ou professionnelle.

Bon à savoir : selon l’Institut Montaigne, les Français souffrant de maladies mentales sont de 1 sur 5, soit 12 millions de personnes.

On a souvent tendance à dire qu’une bonne santé mentale correspond à une absence de manifestations de troubles mentaux. Si on ne rentre pas dans la case de l’anxiété, du stress, de la dépression, du burn-out, bore-out ou brown-out, c’est que tout va bien, non ? Et bien ce n’est pas si simple. 

Pour l’OMS, la santé mentale ne se définit pas comme une absence de pathologies liées à la souffrance ou à l’épuisement au travail, mais plutôt comme : « un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. » 

Quels sont les facteurs de risque à observer à la loupe ?

Pour déterminer si vous êtes une entreprise saine, il faut d’abord apprendre à observer les facteurs de risque. En identifiant et en comprenant les signaux d’alerte au niveau santé et sécurité, vous serez en mesure d’agir plus efficacement pour inverser la tendance. 

Quand le salarié ne sait plus où donner de la tête

En tête de gondole, on retrouve l’organisation collective et individuelle du travail. Le ministère du Travail le rappelle parfaitement : les causes des risques psychosociaux, notamment les affections psychiques, découlent en partie d’une mauvaise organisation du travail. 

Alors, ni une, ni deux, on se pose les bonnes questions :

  • Est-ce que le poste de travail est adapté aux compétences du salarié (sur ou sous qualification) ?
  • Est-ce que la charge de travail ne plonge pas le collaborateur sous l’eau ?
  • Est-ce que les délais sont raisonnables et les missions bien définies ?
  • Est-ce que l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle est bien respecté ?

Et que les collègues ne se disent plus bonjour

Après l’observation minutieuse de l’organisation, on dirige maintenant son regard vers les relations interpersonnelles. Et oui, des rapports entre collègues apaisés ou dégradés jouent sur les problèmes de santé mentale. Ici on étudie avec attention : 

  • la sensation d’isolement, parfois accentué par le télétravail ;
  • le manque de communication ou de solidarité ;
  • l’absence de bienveillance ou d’empathie ; 
  • les violences morales telles que le harcèlement.

Au milieu d’un environnement de travail dégradé

L’impact de l’environnement de travail sur la gestion du stress n’a rien d’une surprise. C’est évident, si les salariés se trouvent contraints de travailler dans un espace exigu, sombre et bruyant, ce n’est pas étonnant que leur moral baisse…

Même si vous ne pouvez pas louer des bureaux de première classe, rien ne vous empêche de prêter attention à l’ergonomie des postes de travail, au confort des bureaux, à la présence d’espaces de repos et au manque de luminosité ou d’aération. 

Bon à savoir : en plus du lieu de travail, vous pouvez prêter attention à la mobilité des salariés puisque des difficultés d’accessibilité peuvent agir sur la santé mentale des collaborateurs.

Où règnent l’incertitude et l’insécurité

Les conditions d’emploi des salariés peuvent nuire à leur bien-être. Si l’anxiété se répand, ce n’est pas un hasard puisque le contexte sanitaire et économique ne cesse de rappeler l’instabilité de l’avenir et d’accentuer l’impression que tout peut basculer du jour au lendemain. 

Cette incertitude, couplée à l’insécurité d’un contrat court ou d’un retard du versement d’une paie, conduit inévitablement les salariés à s’inquiéter, ce qui ne favorise pas une santé mentale apaisée.

Préserver la santé mentale au travail : un devoir de l’entreprise

Rares sont les entreprises qui souhaitent contribuer au malheur de leurs collaborateurs. En plus de cet aspect éthique, d’autres raisons engagent l’employeur vers une protection de la santé mentale de ses salariés. Le Code du travail impose ainsi de déployer des « actions de prévention des risques professionnels », ainsi que des « mesures d’information et de formation ». 

Ces quelques lignes ne fournissent pas une recommandation passagère, mais bien une obligation de résultat. Et oui, faire des efforts ne suffit pas, les entreprises doivent agir concrètement pour une meilleure santé mentale, au risque d’engager leur responsabilité.

Bon à savoir : d’après un sondage mené par Opinionway pour Psychodon, 3 salariés du privé sur 4 considèrent leur employeur comme un garant de leur santé mentale.

Quand santé mentale rime avec productivité

Une santé mentale en berne est souvent synonyme d’un désengagement des salariés, mais aussi d’une concentration en roue libre, d’une dégringolade de la motivation, des arrêts maladie plus fréquents, d’un taux de turn-over qui explose, d’une hausse des pannes d’oreiller et d’un absentéisme croissant. Et on ne parle même pas de la dégradation des rapports entre les salariés et du climat social… Vous l’aurez compris, les conséquences des troubles psychiques sont aussi nombreuses que préjudiciables pour l’entreprise. 

Bon à savoir : en 2020, le Groupe APICIL et le cabinet Mozart Consulting ont consulté les chiffres et ont conclu que le coût moyen du mal-être au travail revenait à 14 310 € par salarié et par an.

Si une santé mentale au ras des pâquerettes amène son lot de malheur pour l’entreprise, l’effet inverse fonctionne aussi. Et oui, prendre soin du bien-être des salariés contribue à augmenter les performances et ce n’est pas surprenant. On imagine facilement qu’un cadre de travail positif qui met en avant une démarche QVT consciencieuse a plus de chance de générer de l’engagement, de la productivité et de fidéliser ses collaborateurs. Après tout, ce n’est qu’une question de karma.

Cerise sur le bureau, la protection de la santé mentale des salariés participe à l’amélioration de la réputation de l’entreprise et valorise ainsi la marque employeur. Dans un contexte de guerre des talents et de marché de l’emploi en dent de scie, ça n’a pas de prix !

Alors, concrètement, qu’est-ce qu’on fait pour préserver la santé mentale en entreprise ?

Dans le domaine de la santé au travail, il vaut mieux prévenir que guérir. Qu’est-ce que ça signifie ? Simplement qu’il faut mettre en place toutes les mesures possibles avant que les choses se dégradent. D’abord, il faut normaliser le sujet de la santé mentale dans l’entreprise pour éviter la stigmatisation. Pour ça, vous pouvez aborder la question régulièrement dans votre communication interne, que ce soit dans votre newsletter ou au cours de journées d’information consacrées à la santé psychologique. 

En plus de ces actions, vous pouvez instaurer une formation pour les managers et les chefs de poste afin de les sensibiliser à la préservation de la santé mentale. De cette manière, ils seront également plus vigilants et pourront orienter les salariés anxieux, dépressifs ou les personnes atteintes d’un trouble mental vers une solution adaptée (médecine du travail, psychologue d’entreprise, rendez-vous en psychiatrie, etc.).

Afin d’établir un baromètre de la situation psychologique en interne, vous pouvez mener l’enquête avec des sondages anonymes. De cette manière, vous aurez des éléments concrets pour mener des actions en fonction des facteurs de risque soulevés par les collaborateurs. 

Bon à savoir : connaissez-vous le label Happy at Work ? Il s’agit d’une enquête anonyme pour évaluer la satisfaction des employés. 

Enfin, vous pouvez favoriser l’épanouissement des salariés en proposant des avantages comme la flexibilité des horaires de travail, la mise à disposition de places de parking ou la distribution de chèques cadeaux.

Les points à retenirsanté mentale en entreprise ce qu'il faut retenir
  • améliorer la santé mentale en entreprise est un enjeu majeur pour préserver la productivité et le bien-être des salariés ;
  • la prise en compte des risques psychosociaux représente un devoir de l’employeur ;
  • pour préserver la santé mentale en entreprise, l’employeur doit pouvoir sensibiliser, informer et former ses équipes ;

les avantages salariés comme les cartes cadeaux participent à promouvoir la qualité de vie au travail.