Organisation du travail : faut-il choisir entre télétravail ou bureau ?

Lisa Vallini

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Organisation du travail : télétravail ou bureau ?

Faites-vous partie des aficionados du travail à distance et de ceux qui trouvent le bureau indémodable ? Depuis ces dernières années, les mutations du monde professionnel se sont multipliées, modifiant les fonctionnements et les habitudes. Comment envisager l’organisation du travail à l’heure de la digitalisation croissante des postes ? Faut-il vraiment choisir son camp entre télétravail et entreprise ? On vous répond !

Qu’entend-on par organisation du travail ?

Commençons par une définition

Quand on parle d’organisation du travail, on arrive facilement à visualiser le sujet. Bien sûr, le concept englobe la définition des tâches, leur planification, ainsi que les méthodes et les moyens mis en œuvre pour les réaliser. Vue sous cet angle, l’affaire ne paraît pas complexe. Pourtant, vous vous en doutez, il y a quelques nuances. 

L’organisation du travail ne touche pas seulement les travailleurs, occupés à gérer leurs projets et leur agenda dans leur coin, mais aussi le cadre qu’offre l’entreprise pour accomplir ces actions. Dans ce concept, la part du rythme de travail, de l’environnement, des conditions de travail, de l’emploi du temps ou de la répartition des tâches compte tout autant que les compétences organisationnelles de chacun.

Pour prendre un exemple simple, mais parlant, il suffit de penser au choix de l’employeur en ce qui concerne les horaires flexibles, la possibilité d’effectuer du télétravail, la protection sociale ou la hiérarchisation de l’entreprise. Entre votre structure et celle du voisin, il peut y avoir tout un monde !

On compte ainsi une double dimension dans l’organisation du travail des salariés : concilier performance individuelle et performance collective. Dans une certaine mesure, on peut même dire qu’il s’agit là d’harmoniser vie professionnelle et vie personnelle.

Bon à savoir : l’organisation du travail dépend bien sûr de votre structure, votre secteur, de la taille et de la culture d’entreprise. Un grand groupe historique n’aura pas la même vision, ni les mêmes enjeux, qu’une jeune start up et c’est bien normal.

Et un aperçu de son évolution

Le mode d’organisation de travail a évolué dans le temps et c’est peu de le dire. Depuis l’époque de nos grands-parents, de l’eau à coulé sous les ponts en termes d’avancées sociales, de rapport à l’autorité ou même d’égalité femmes-hommes. 

Si on revient quelque temps en arrière, au début du XXe siècle, les entreprises fonctionnent alors selon le concept d’organisation scientifique du travail (OST) avec en tête de gondole le fameux taylorisme de Frederick Taylor. Ici, la division du travail se réalise de manière horizontale, c’est-à-dire tâche par tâche selon les compétences, et verticale avec une échelle hiérarchique très présente. C’est aussi à cette période qu’apparaît la notion de pénibilité du travail. 

La révolution industrielle change ensuite la donne en plaçant les gains de productivité au cœur des organisations du travail. On encourage alors la division et le séquencement des tâches avec l’apparition notamment du travail à la chaîne pour les ouvriers. La conception et la réalisation ne sont plus entre les mains d’une seule et même personne. 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le rendement passe alors avant tout et entraîne dans sa suite un cloisonnement et une spécialisation croissante. La crise économique de 1929 secoue alors l’ordre établi et les travaux d’Elton Mayo mettent en avant l’amélioration des conditions de travail pour gagner en efficacité de production. 

Dans les années 70, le courant sociotechnique, inspiré des sciences humaines et sociales, est unanime : un travailleur est productif lorsqu’il est reconnu socialement, qu’il évolue dans un cadre épanouissant et dispose de tâches variées. La performance humaine n’a plus besoin de rimer avec des cadences infernales.

Les nouvelles formes de gestion placent désormais l’humain, la flexibilité et la polyvalence au centre des stratégies. On est rentré dans l’ère de la quête de sens au travail.

Comment reconnaître une organisation du travail satisfaisante ?

Il n’existe pas une seule et unique manière d’évaluer l’organisation du travail de votre entreprise, mais bien plusieurs. On peut tout de même vous partager quelques indicateurs parlants qui vous permettront de connaître la tendance de votre structure :

  • l’engagement de vos collaborateurs ;
  • le dialogue social ;
  • les relations de travail entre les collègues ;
  • la fluidité du partage d’information ;
  • la juste répartition des missions ;
  • le degré d’autonomie des salariés ;
  • le respect de l’égalité professionnelle ;
  • la gestion du temps de travail ;
  • la conciliation de la vie pro et perso.

En plus de ces indices, vous pouvez aussi jeter un œil à d’autres indicateurs RH essentiels comme le taux d’absentéisme, le nombre d’accidents du travail ou le taux de turn-over.

S’y retrouver dans les nouvelles tendances

Le management participatif

Le management participatif s’appuie sur un principe de hiérarchie horizontale. Cette technique valorise l’implication des collaborateurs dans les prises de décision de l’entreprise. Au lieu d’un modèle irréversible qui vient d’en haut, l’idée est d’écouter tous les acteurs du bureau pour avancer. 

Selon ce principe, chaque service peut ainsi avoir sa propre organisation des travailleurs en interne, que ce soit avec la méthode Agile ou tout autre processus de production. 

Bien sûr, ça ne signifie pas que l’entreprise se trouve scindée en plusieurs groupes, les équipes sont tout de même tenues de témoigner de l’avancement de leurs missions afin de garder une synergie. Néanmoins, ce fonctionnement apporte une vision plus souple et une communication transparente dans son organisation. 

La notion de flexibilité 

On entend de plus en plus parler de flexibilité au travail, c’est même devenu un critère de recherche des candidats. De quoi parle-t-on exactement ? Et bien, ce terme s’appuie sur le principe d’une organisation apprenante qui évolue en fonction du feedback des collaborateurs et des nouvelles pratiques du monde du travail. 

Il n’existe pas de meilleur exemple dans ce domaine que la pandémie du Covid-19. Les restrictions sanitaires ont conduit de nombreux salariés à adopter le télétravail pendant le confinement et à ne plus le délaisser. En parallèle, la sortie de la crise a accentué les tendances du flex office, de l’open space ou du coworking. Il paraît difficile aujourd’hui de fermer les yeux sur ces modèles organisationnels. 

D’ailleurs, l’enquête menée par JLL dévoile que 69 % des répondants considèrent que le travail hybride sera fondamental pour retenir les talents à l’avenir.

Bon à savoir : 67 % des salariés interrogés dans l’étude CBRE-Le Moniteur désirent bénéficier de nouvelles méthodes de travail, que ce soit en termes d’organisation du temps, de gestion de l’espace de travail ou des modes de collaboration au sein des équipes.

L’émergence de ces nouvelles organisations ne signifie pas une absence de cadre, au contraire. Plus celui-ci sera clair et transparent, plus les salariés y trouveront leur compte et se montreront productifs.

La qualité de vie au travail

On vient de le voir, l’environnement de travail joue un rôle primordial dans une bonne organisation du travail. Pour être efficace et pallier les risques professionnels, que ce soit les risques psychosociaux ou les troubles musculosquelettiques, il est essentiel d’améliorer l’ergonomie du poste de travail. 

La qualité de vie au travail (QVT) passe aussi par la prise en compte de la santé mentale des collaborateurs. Inutile d’attendre le burn-out pour déclencher la sonnette d’alarme, mieux vaut anticiper la charge de travail et mieux s’organiser en amont. Pour cela, vous pouvez encourager le fait de déléguer des tâches et faire preuve de transparence dans le planning. 

Bon à savoir : on passe entre 3 et 6 semaines par an en réunion… Parfois, il faut le dire, ce n’est pas toujours utile. Pour éviter le syndrome de réunionite aiguë, limitez les rendez-vous chronophages et la sursollicitation.

Quelle est la meilleure gestion pour votre entreprise ?

S’il y a une chose que l’on peut affirmer, c’est que les types d’organisation du travail sont nombreux et ne correspondent pas toujours à votre poste ou à votre structure. L’idée n’est pas de suivre la tendance du moment coûte que coûte, mais de rester vigilant aux évolutions et aux attentes des équipes. 

Le meilleur moyen de se positionner sur le sujet reste d’enquêter auprès de ses collaborateurs : souhaitent-ils un poste de travail flexible ? Est-ce que la gestion des horaires semble satisfaisante ? Paraît-il nécessaire de mettre en place une formation-organisation ? Toutes ces questions vous aideront à mieux organiser les travailleurs de votre entreprise.

Le point commun reste d’accueillir les suggestions avec bienveillance. Après tout, votre objectif est d’assurer le bien-être des salariés afin qu’ils se sentent valorisés, motivés, épanouis et puissent fournir un travail de qualité dans de bonnes conditions.

Les points à retenira retenir
  • l’organisation du travail combine les actions individuelles et celles réalisées par l’entreprise ;
  • la prise en compte de l’environnement de travail a une influence majeure sur la productivité et la gestion du temps des salariés ;
  • pour connaître les envies de vos collaborateurs et ajuster votre organisation, une seule solution : demander aux intéressés et rester attentif aux évolutions.

Lisa Vallini